Sur la pointe la plus méridionale de notre métropole, la Corse abrite, l’un des plus beaux golfs de la planète.

  • Photo : D.R.

C’est un petit bijou posé délicatement sur le « bocche de Bonifacio », les pieds dans la Méditerranée face à la Sardaigne. Sur l’île de Beauté, Spérone est un joyau de plus, élu à trois reprises premier site de France par le magazine Golf Européen. Jouer les 18 trous de Spérone, au cœur du maquis puis au bord de la mer, c’est assurément vivre une expérience golfique et visuelle unique. Et ce toute l’année, comme le souligne la directrice, Ariane Buzzo : «  Grace à la présence du golf, la cité millénaire de Bonifacio n’est plus seulement une destination touristique. Le parcours est en plus très agréable à jouer quelle que soit la saison. On est souvent en polo en plein hiver, c’est l’endroit idéal pour venir passer un week-end sans rester des heures dans l’avion. »

Un parcours d’une grande variété

Entre la floraison des cistes blancs et des roses en mai, du lentisque et de la myrte en juillet, sans oublier les arbusiers en automne, Spérone est une promenade enchantée les douze mois de l’année. Des spectateurs de toutes sortes, ou plutôt de toutes espèces, seront même parfois votre compagnon de route et regarderont votre swing de haut, à l’image du puffin cendré ou du cormoran huppé. Un paysage, une faune et une flore très variés pour un 18 trou qui l’est tout autant : inland, vallonné et links, le parcours n’offre jamais le même visage, sculpté en 1990 par Robert Trent Jones Sr. Alors qu’il foulait le maquis encore sauvage cinq ans auparavant, le célèbre architecte américain (qui a aussi dessiné Peeble Beach et Valderrama) aurait dressé l’index vers la pointe exposée aux quatre vents, avant de s’écrier : « Là il y aura un fairway… ici un green… là le club-house. »

Du 12 au 16, la Méditerranée comme partenaire de jeu

La seconde partie du parcours, après un 10e trou qui contribue déjà à accélérer votre rythme cardiaque, est carrément époustouflante. Du 12 au 16, « l’Amen Corner » de Spérone », la Méditerranée s’invite à la partie. Pour que votre carte de score – déjà secouée par le mistral souvent présent à Bonifacio – reste présentable au club house, il faut survoler la mer à cinq reprises, sans encombres. Le trou signature, le 16, fait même partie des 18 trous de rêve du continent européen selon l’ouvrage britannique « Europe Elite 1000 ». Pour espérer putter pour eagle sur ce par 5 touchable en 2, il vous faudra prendre votre courage et votre club à deux mains et taper à deux reprises au-dessus de la mer, à l’instar du parcours californien de Cypress Point !

Du ballon rond à la petite balle blanche

Afin de donner une véritable impulsion au golf sur l’ïle de Beauté, Spérone va développer un partenariat avec le domaine de Murtoli, un autre écrin de 12 trous (pour l’instant) situé à 45 minutes, sur la route d’Ajaccio. « La plupart des joueurs qui viennent sur notre parcours sont des touristes, confie Ariane Buzzo. Il n’y a pas de culture du golf en Corse. Le football écrase toutes les autres disciplines. » Ironie de l’histoire, le record du parcours (64 sur ce par 72) est détenu depuis une dizaine d’années par l’ancien pro du club, Jean-Claude Papi, petit-fils du footballeur Claude Papi, qui fut l’un des grands artisans de l’épopée européenne de Bastia en 1978.

Franck Crudo

Infos pratiques

Spérone se situe à 30 minutes de route de l’aéroport de Figari, à 2h30 de celui d’Ajaccio et à 2h45 de celui de Bastia. Le golf propose par ailleurs un partenariat avec une petite dizaine d’hôtels de luxe situés à proximité de Bonifacio. https://www.golfdesperone.com/