D’un bout à l’autre du XXe siècle, de l’Europe à l’Amérique, les œuvres et les vies d’Egon Schiele et de Jean-Michel Basquiat fascinent par leur caractère exceptionnel. Exposition à la Fondation Louis Vuitton, du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2018.

En moins d’une décennie, ils sont devenus des figures majeures de l’art de leur siècle. Ils peuvent être rapprochés par leur destin et leur fortune, celui d’une œuvre courte dont l’impact comme la permanence ont peu d’équivalent.

Leurs productions vertigineuses, portées par la jeunesse, en font aujourd’hui, au XXIe siècle, de véritables « icônes » pour les nouvelles générations. La nécessité vitale de l’art est la donnée capitale de ces deux oeuvres exceptionnelles. La Fondation Louis Vuitton consacre simultanément deux expositions à ces artistes, avec pour chacune, plus d’une centaine de travaux.

Jean-Michel Basquiat

© Estate of Jean-Michel Basquiat Licensed by Artestar, New York © Fondation Louis Vuitton / Marc Domage

L’œuvre de Jean-Michel Basquiat, l’un des peintres les plus marquants du XXe siècle, se déploie dans quatre niveaux du bâtiment de Frank Gehry.

L’exposition parcourt, de 1980 à 1988, l’ensemble de la carrière du peintre en se concentrant sur plus de 120 œuvres décisives. À l’image des Heads  de 1981-1982, pour la première fois réunies ici, ou de la présentation de plusieurs collaborations entre Basquiat et Warhol, l’exposition compte des ensembles inédits en Europe, des travaux essentiels tels que Obnoxious Liberals (1982),  In Italian (1983) ou encore Riding with Death (1988), et des toiles rarement vues depuis leurs premières présentations du vivant de l’artiste, telles que  Offensive Orange  (1982), Untitled (Boxer)  (1982), et Untitled (Yellow Tar and Feathers)  (1982).

Dès la sortie de l’enfance, Jean-Michel Basquiat quitte l’école et fait de la rue de New York son premier atelier. Rapidement, sa peinture connaîtra un succès à la fois voulu et subi. L’exposition affirme sa dimension d’artiste majeur ayant radicalement renouvelé la pratique du dessin et le concept d’art. Sa pratique du copier-coller a frayé la voie à la fusion des disciplines et des idées les plus diverses. Il a créé de nouveaux espaces de réflexion et anticipé, ce faisant, notre société Internet et post-Internet et nos formes actuelles de communication et de pensée. L’acuité de son regard, sa fréquentation des musées, la lecture de nombreux ouvrages lui ont donné une réelle culture. Mais son regard est orienté :  l’absence des artistes noirs apparaît avec une douloureuse évidence ; l’artiste s’impose alors de faire exister, à parité, les cultures et les révoltes africaines et afro-américaines dans son œuvre.

Egon Schiele

© Egon Schiele Autoportrait au motif de paon

L’œuvre d’Egon Schiele est indissociable de l’esprit viennois du début du XXe siècle. En quelques années, son dessin s’est imposé comme l’un des sommets de l’expressionnisme.

En rupture avec l’Académie où il rentre précocement, il fonde en 1909 le Neukunstgruppe et, grâce à la Secession viennoise et Gustav Klimt, découvre les travaux de Van Gogh, Munch ou Toorop.

À partir de 1911, c’est dans un certain isolement qu’il se concentre sur sa production propre, fascinante par la distorsion des corps qu’il propose, l’introspection, l’expression frontale du désir et du sentiment tragique de la vie. Fauché par la grippe espagnole en 1918, l’artiste aura réalisé en une dizaine d’années quelque trois cents toiles et plusieurs milliers de dessins.

Première monographie de Schiele à Paris depuis vingt-cinq ans, elle propose des œuvres de tout premier ordre, comme Autoportrait à la lanterne chinoise (1912) emprunté au Leopold Museum (Vienne), Femme enceinte et mort (mère et mort)  (1911) de la Národní galerie (Prague), Portrait de l’épouse de l’artiste (Edith Schiele), tenant sa jambe (1917) de la Morgan Library & Museum (New York), Nu féminin debout avec tissu bleu (1914) du Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg, Nu masculin assis vu de dos (1910), de la Neue Galerie New York ou Autoportrait  (1912) de la National Gallery of Art, Washington.

Informations pratiques

Exposition en cours – Du 3 octobre 2018 au 14 janvier 2019

Fondation Louis Vuitton

Commissariat général : Suzanne Pagé
Commissaire invité : Dieter Buchhart
Commisaire associé pour la présentation à Paris : Olivier Michelon
Architecte : Jean-François Bodin en collaboration avec Hélène Roncerel

Les tarifs

  • Tarif plein 16.00€
  • Tarif famille 32.00€
  • Tarif réduit 10.00€
  • Tarif réduit 5.00€

 

Pour en savoir plus : https://www.fondationlouisvuitton.fr