Placée sous le commissariat de Camille Morineau et Lucia Pesapane, historiennes de l’art qui avaient travaillé pour la rétrospective Niki de Saint Phalle au Grand Palais en 2015, la rétrospective de son compagnon Jean Tinguely est la première consacrée à l’artiste à Paris depuis l’hommage rendu par le Centre Pompidou en 1988.

Jean Tinguely : Le mouvement, le son, le bruit

Monique Jacot, Jean Tinguely avec Moulin à Prière II (1954) lors du montage de l’exposition META (détail) Gallerie Alexandre Iolas, Paris, du 10 décembre 1964 au 9 janvier 1965 © Musée Tinguely, Bâle

Cette grande exposition, dans laquelle les chefs d’œuvres de l’artiste voisineront avec des films d’archives où il commente lui-même la fabrication, le fonctionnement – ainsi que souvent la destruction – sera montrée à la Grande Halle de Villette, espace idéal pour accueillir ces œuvres, sur une surface de 2 000 m². Le parcours proposé au public sera à la fois chronologique et thématique, prenant fortement appui sur trois grandes idées: le mouvement, la musicalité et la dimension performative de l’oeuvre de Tinguely.

Le son et le mouvement sont présents dès les premières œuvres de l’artiste « bricoleur ». Au-delà de leur nouveauté plastique et conceptuelle, ses Méta-mécaniques et ses Machines à dessiner rejoignent les expérimentations de la musique concrète des années 1950 en France. Viennent ensuite des compositions animées provoquant des bruits, « dérisoires » et percutants, qui emplissent l’espace. Un nombre exceptionnel de pièces motorisées seront présentées en mouvement. Les séries des Radios et des Baluba, par exemple, assemblent des objets trouvés, abimés, avec des déchets métalliques qui soubresautent, explosent, libérant des sonorités vives et éclatantes. Par contraste, les sculptures du milieu des années soixante se recouvrent de noir : on contemple alors en silence leur mécanique lente et régulière.

Avec le temps, ces créations multidimensionnelles occupent des volumes de plus en plus amples. Certaines deviennent de véritables constructions monumentales que l’on parcourt de l’intérieur, tels Le Crocrodrome installé en 1977 pour l’ouverture du Centre Pompidou, ou Le Cyclop, œuvre collective construite sur plus d’une décennie.

Tinguely compte également parmi les inventeurs de la performance, qu’il porte à une échelle monumentale (Hommage à New York, au MoMA), voire à la dimension d’un paysage (Fins du monde, dans les déserts américains). Il est aussi l’un des premiers artistes masculins à se déclarer ouvertement féministe. Un chapitre intitulé « Tinguely macho-féministe » explorera ce versant peu connu, de l’œuvre et des écrits de l’artiste, qui proclamait bien volontiers que sa compagne Niki de Saint Phalle était « meilleure que lui ».

Ludique, vivant et protéiforme, l’œuvre de Tinguely s’adresse à tous. Aussi en plus des sculptures, assemblages, et vidéos, des dispositifs interactifs spécifiques permettront à tous les publics de retrouver ou découvrir les différentes facettes de son travail ; rentrer dans son « jeu » – qu’il soit musical ou reposant sur la destruction d’objets trouvés -, vivre ses performances etc.

Informations pratiques

  • horaires : tous les jours de 10h à 19h
  • tarifs : à venir
  • accès :
    • métro ligne 5 «Porte de Pantin»
    • tramway 3b «Porte de Pantin»
    • bus 75, 151 «Porte de Pantin»
    • parking sud «Cité de la Musique»
  • 01 40 03 75 75

Pour en savoir plus : https://lavillette.com